lundi 6 juillet 2009

Honduras

vendredi 3 juillet 2009

[Quand la terre se rebelle contre les puissants…]

[le G8 de Berlusconi] Ce vendredi la terre a tremblé. Plusieurs secousses sismiques ont encore ébranlé L’Aquila, dont la plus importante à 13h03’ avait une amplitude de 4.1 sur l'échelle ouverte de Richter.
Aux alentours 50.000 personnes vivent dans des camps de fortunes. Après le froid et les pluies du printemps c’est maintenant la chaleur torride de l’été qui écrase les malheureux. Ils sont révoltés contre le sort qui s’acharne sur eux mais surtout ils ont entendus parler des précédentes expériences de tremblements de terre en Italie, après lesquels les sinistrés ont dû attendre des années avant d'être relogés, quand ils l'ont été. Le cas des victimes du tremblement de terre du Belice, en 1968 en Sicile, fait encore scandale. Et un reportage télévisé a même pu montrer des baraques, dans lesquelles vivent encore des familles de sinistrés... du tremblement de terre qui a détruit Messine en 1908 !
Et pourtant ces temps-ci on travaille beaucoup à L’Aquila. Sous leurs yeux se déroule « des drôles de choses » : la caserne de l'école de la gendarmerie financière (Guardia di finanza) seul bâtiment d’envergure qui ait résisté au tremblement de terre du 7 avril a été réquisitionné pour y tenir le sommet du G8. Le journal LE MONDE du 29.06.09 décrit l’effervescence : « Dans l'enceinte de la caserne, 500 ouvriers travaillent jour et nuit depuis trois semaines. Le chantier est parcouru d'hommes casqués transportant des kilomètres de câbles, de tuyaux. Ici, un ouvrier redonne un coup de peinture sur un mur après qu'un monte-charge l'a un peu éraflé. Ailleurs, un jardinier déroule des mètres carrés de pelouse. On repeint en vert le trottoir devant la caserne. On plante des arbres. On taille les mauvaises herbes le long de la route. Barack Obama aura son terrain de basket ; Nicolas Sarkozy, son parcours de jogging. La piscine couverte, en revanche, est inaccessible : un plancher a été posé sur le bassin pour abriter le centre de presse. Idem pour les tennis et le terrain de foot. La salle plénière ? L'ancien gymnase. Coût du réaménagement : 50 millions d'euros. » (1)
50 sur les 400 millions d’euros que coûtera l’organisation du sommet du G8 qui se tient durant la semaine qui vient à l’Aquila. Dans les campements, la pilule est dure à avaler et dans toute l’Italie les critiques fusent. Les blogs et les groupes facebook répercutent l’information et la mobilisation que la presse de Berlusconi tente d’occulter.(2)
Des comités se créent et passent à la moulinette les «arguments » officiels qui prétendent que la venue du G8 pourra aider la ville : « Le sommet ? Une opération de communication géante pour dire au monde que le séisme sera vite un mauvais souvenir. Un aéroport agrandi ? Il y en a déjà trois dans un rayon de 80 kilomètres, disent-ils. A une route luisante d'asphalte fraîchement posé où circuleront les voitures officielles, ils opposent les centaines de maisons réduites à un tas de pierres.» relate Le Monde. (1)
« Dans un mois la moitié des maisons seront reconstruites » avait dit Berlusconi en avril…
Les habitants de la région le lui rappelleront le 10 juillet (dernier jour du G8) par des manifestations dans toutes les communes touchées par le séisme. Faisant le lien entre la politique désastreuse de Berlusconi sur à la reconstruction dans les Abruzzes et sa politique pour faire face à la crise du capitalisme, depuis le 2 juillet une multitude d’initiatives les plus diverses donnent un écho à ce mécontentement partout en Italie.

Dans les milieux universitaires, on ne comprend pas pourquoi le site de 55 hectares et la caserne peuvent accueillir tous les invités de prestige du G8 et pas l’Université qu’on est incapable de faire refonctionner. Les étudiants sont éparpillés dans toute la province pour terminer l’année académique. Surtout éviter que cette communauté remuante, gravement touchée par le séisme- un grand nombre de victimes fut retiré de la Maison des Étudiants-, ne s’additionne aux autres mécontentements. Du côté des ONG c’est le coût total de l’opération qui heurte : Flavio Lotti, coordinateur de Tavola della Pace (3) rappelle que ce montant dépassant les 400 millions pour réunir les puissants du monde (« qui pondront un communiqué final vide et feront une belle photo de famille avec en arrière fond les décombres de la ville ») est largement supérieur au budget annuel total de l’Italie pour l’aide au développement et la lutte contre la pauvreté et la faim dans le monde (321 millions).
Ce vendredi la terre a tremblé, rappelant qu’elle aussi a son mot à dire.
fRED

(1) http://www.lemonde.fr/europe/article/2009/06/29/secousses-a-l-aquila-en-vue-du-g8_1212958_3214.html

(2) parmi cette abondante production souterraine j’ai pointé pour vous quelques exemples :
Sur facebook
L'AQUILA: SE POSSONO OSPITARE IL G8, PERCHE' NON L'UNIVERSITA'?
http://www.new.facebook.com/profile.php?id=1634643779&ref=ts#/group.php?gid=75692203993
Trasparenza per gli aiuti al terremoto in Abruzzo 2009
http://www.new.facebook.com/profile.php?id=1634643779&ref=ts#/group.php?gid=67726046830
Giù le mani dall'Aquila!
http://www.new.facebook.com/profile.php?id=1634643779&ref=ts#/group.php?gid=187631400713

pour ce qui est des blogs
- l’excellent - http://miskappa.blogspot.com/
- epicentro solidale - http://www.epicentrosolidale.org/?p=9923
- en français - http://futurrouge.wordpress.com/2009/06/10/italie-ambiance-a-laquila-un-mois-avant-le-g8/


(3) voir http://www.perlapace.it/index.php?id_article=2700&PHPSESSID=2229c56c6e5b7f3fc5ed3084eceb26f9

lundi 29 juin 2009

[les banquiers]

[Etats-Unis] A l’automne, les banques américaines étaient à l’agonie. Au point que l’Etat fédéral avait dû injecter près de 200 milliards de dollars dans 600 banques. Et voilà que dix d’entre-elles – les plus importantes – décident de rembourser les 68 milliards de dollars dont elles avaient bénéficié. Pourquoi tiennent-elles à rembourser ? Elles souhaitent retrouver leur entière liberté, loin de la tutelle de l’Etat, même si cette « tutelle » est tout à fait supportable. En fait, les banques américaines veulent surtout pouvoir remettre en place le plus vite possible les extravagants systèmes de rémunération de leurs dirigeants et de leurs « traders », sans avoir de comptes à rendre à quiconque. Comment peuvent-elles rembourser ? Mais parce qu’elles font d’énormes profits ! Avec la baisse des taux d’intérêts, elles empruntent à moins de 1 % et prêtent à 4 ou 5 % : le capitalisme,c’est bête comme chou ! [TEAN n° 13 – 18 juin 09]

vendredi 26 juin 2009

[chiens de garde…]

[Ah ! les ouvriers de Bridgestone] Ils énervent Jacqueline Galant. Un communiqué et une interpellation à la Chambre des représentants, la présidente d’arrondissement du MR est indisposée. Elle « déplore les actions entamées par les ouvriers depuis deux semaines, à la suite de l'annonce du licenciement de huit agents du magasin, délocalisé à Zeebruges. « Quelle belle image notre région donne encore d'elle… Le noyau dur des grévistes a-t-il conscience des conséquences irrémédiables que ces événements pourraient générer ? » Elle ajoute : « Le MR de l'arrondissement espère que les ouvriers retrouveront la raison et reprendront le travail dans les plus brefs délais pour sauver le site de Frameries.».
[Les ouvriers de Bridgestone ont-ils perdu la raison ?] Récemment, j’évoquais déjà cette fâcheuse tendance à inverser les rôles : « voici les coupables (coupables, notamment, d’une violence sociale qui considère les travailleurs comme de vulgaires objets jetables) qui se transforment en victimes… Et ceux qui se battent pour défendre leur droit à vivre dans la dignité, transformés en voyous ! » (1)
Les voici maintenant devenus fous. Oui la solidarité est une forme de folie. Contre laquelle Jacqueline Gala est immunisée, elle est tombée dans une autre marmite dès sa plus tendre enfance. Mais la potion magique ne semble pas avoir eu d’autres effets, elle parle visiblement de choses qu’elle ne connait pas.
Quelques exemples :
1. Dans son interpellation de la Ministre Milquet, elle s’insurge : « on me parle de huit personnes et vous en évoquez neuf, (…) les huit personnes concernées se sont vu octroyer des indemnités de rupture plus correctes puisque dépassant de un ou deux mois le minimum légal…Je ne suis donc pas d'accord de parler de licenciements secs. ».
Que disent les travailleurs ?
« Ce mouvement de solidarité a démarré suite au licenciement brutal et injustifié de 8 ouvriers décidé le jour même par la Direction de Bridgestone. En agissant de la sorte, cette direction a "renié" sa signature puisqu'elle ne respecte pas la dernière convention collective de travail conclue sur le plan de l'entreprise pour les années 2007-2008 et 2009. En effet, cette CCT prévoit dans son article 1 intitulé "sécurité d'emploi" que : « l’entreprise mettra tout en œuvre en vue d'éviter des licenciements pour raisons économiques et techniques. Si des difficultés surviennent en la matière, il est préalablement instauré un régime de chômage partiel, si possible par roulement »(…) Pas de reclassement possible au sein de ce service a décrété le Sieur Clarinval! Pourtant, il y a 24 prépensionnables dans le service "production" et ce dans les 12 mois qui viennent, il y a une quinzaine de CDD dont le contrat se termine prochainement, on pourrait faire du crédit-temps, et bien entendu organiser le chômage partiel comme exigé par la CTT d'entreprise. »
Il s’agit bien de licenciements secs puisque qu’aucune des alternatives évoquées par la Convention n’a été acceptée par la Direction. Et c’est bien de 9 licenciements dont il est question puisque qu’au delà des 8 licenciements « secs », il y a aussi celui d’un « travailleur protégé », Secrétaire du Conseil d’Entreprise, membre du CPPT, délégué syndical de la FGTB (licenciement qui nécessite une procédure particulière, visiblement Mme Gland ne sait rien de cette procédure…)
2. « depuis le 12 juin, un piquet de grève est organisé devant l'usine, qui bloque tout et qui empêche tout travailleur de pénétrer dans les installations (…) je peux vous dire que la direction est démoralisée en raison de la violence et de l'agressivité dont il est fait preuve à son égard. »
Mme J. Galante est à nouveau à côté de la plaque : la grève a éclaté le 11 juin après-midi, le 12 au soir, une intervention policière démesurée a écarté le piquet « pacifique » et « libéré » la direction : depuis lors on ne l’a plus revue à Frameries (pas plus que Mme J. Argent), on ne voit pas très bien quand et comment elle aurait pu être victime d’une telle « agressivité », d’une telle « violence »…
[Image] Pour ceux qui ne l’auraient pas encore compris, Mme J. Galant n’aime pas les ouvriers qui ne sont pas « sages comme des images », elle n’aime pas les « fous » qui sont révoltés par l’injustice. Elle est libérale (mon petit doigt me dit que, plus petite encore, elle aurait voulu être n’importe quoi, mais que personne n’a voulu d’elle – ouf !-).
Je n’ai qu’un conseil à lui donner : à propos d’IMAGE, occupez-vous de la vôtre, y’a encore du boulot.
fRED

[Iran: la répression se poursuit]


Bruxelles, le 25 juin 2009 : La CSI, l’IE, l’ITF et l’UITA ont exprimé aujourd’hui leur solidarité avec les nombreux travailleurs/euses iranien(ne)s qui ont rejoint les manifestations dans les rues pour réclamer le respect de leurs droits démocratiques fondamentaux. Les protestations en faveur de la démocratie en Iran, organisées par les syndicats, auront lieu demain à l’échelle nationale aux quatre coins du monde. « La violence contre ceux et celles qui manifestent pour la démocratie s’est soldée par la mort de nombreuses personnes et plusieurs centaines de blessés. Cette répression brutale des manifestations pacifiques et le manque de respect des droits humains sont entièrement inacceptables », a affirmé Guy Ryder, secrétaire général de la CSI. Les syndicats dans le monde entier ont été consternés par les attaques des autorités iraniennes contre les actions syndicales indépendantes au cours des dernières années, notamment des agressions à l’encontre de travailleurs et leur arrestation pour avoir manifesté pacifiquement pour les droits des travailleurs, dernièrement le 1er mai alors qu’ils tentaient d’organiser un rassemblement pacifique à l’occasion du Premier mai au parc Laleh à Téhéran. La répression des droits fondamentaux s’est à présent intensifiée et étendue, notamment la réaction particulièrement violente par les forces de la sécurité aux nombreuses manifestations dans la foulée de l’élection, et l’arrestation de centaines de personnes. Dans une lettre adressée au Guide suprême de l’Iran, la CSI, conjointement avec l’IE, l’ITF et l’UITA, appelle aux droits démocratiques pleins de tous les Iraniens, notamment la liberté syndicale et la liberté de réunion, à la fin de l’ensemble de la répression violente, à la libération de tous les syndicalistes emprisonnés, à la reconnaissance de toutes les organisations de travailleurs indépendantes en Iran, au respect des normes fondamentales du travail et à la ratification de toutes les Conventions fondamentales de l’OIT, en particulier celles concernant la liberté syndicale et la négociation collective, à la fin de l’ensemble de la répression antisyndicale, et à la réintégration de tous les travailleurs licenciés abusivement.
Les manifestations seront organisées auprès des ambassades/consulats iraniens, notamment à Ankara, Bangkok, Bruxelles, Canberra, Genève, Jakarta, La Haye, Londres, Madrid, New Delhi, Oslo, Ottawa, Paris, Tokyo et Wellington. Parallèlement à ces événements, les syndicats dans d’autres pays mènent également différentes actions de solidarité. Voir l’appel commun (en anglais) lancé par la CSI, l’IE, l’ITF et l’UITA à une journée d’action
Pour de plus amples informations sur la journée d’action et la situation des travailleurs iraniens, veuillez consulter le site web suivant : www.justiceforiranianworkers.org

mardi 23 juin 2009

[On a retrouvé la boîte noire...]

On nous l'annonce par petites touches : il va falloir la payer l'ardoise de la crise! 500 millions par-ci, 1,5 milliard par là et de 7 à 10 par ailleurs, les caisses sont subitement vides! Et dans tous les pays qui ont trouvé des dizaines de milliards en un tour de main le dimanche soir pour sauver le capitalisme et ses banques de la déroute, c'est la même rengaine.
La crise avait disparu des écrans le temps du scrutin européen, elle est de nouveau là avec sa vague de licenciements, de restructurations (prétextes ou pas), ses exigences de précarité accrue...
On fait quoi?
Chacun son tour? A la queue, comme tout le monde?
fRED