Il y a trente ans, les sidérurgistes à Bruxelles
Un reportage de la RTB en 1982. A la fin du billet, un métallo déclare : "Ce sont des fumiers! D'ailleurs on le disait avant, il faut oser tuer son père et sa mère pour rentrer à la gendarmerie. Pour être sidérurgiste, il faut savoir travailler, c'est tout!"
Notez aussi, au début du reportage, la tête du cortège, Gillon et Staquet (FGTB) et Spitaels (PS) au coude à coude...
voir la vidéo : http://www.sonuma.be/
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mercredi 30 janvier 2013
jeudi 24 janvier 2013
[241 milliards de dollars]
241 milliards de dollars
C’est la crise !
Selon le "Billionaires Index" de l'agence
Bloomberg, les 100 plus grandes fortunes mondiales ont vu leurs avoirs
progresser de 241 milliards de dollars (182 milliards €) en 2012.
Ensemble ils sont en possession de 1.900 milliards de
dollars (1.426 milliards €). Tout ceci est évidemment le fruit de leur travail.
Tenant compte qu’en moyenne un travailleur belge gagne 1.680€
par mois (1) il devrait travailler 8.488 mois (707 années !) sans rien dépenser pour accumuler une
telle fortune.
Il n’y a pas de belge dans cette liste de cent fortunés…
ouf !
(1) Selon l’Institut pourun Développement Durable (www.iddweb.be)
mercredi 16 janvier 2013
1,616 milliards
"Entre 2008 et le 31 décembre 2011, 1 616 milliards d'euros ont été effectivement utilisés pour aider les établissements financiers. Il s’agissait, d’une part,
- d’aides de trésorerie: 1 174 milliards d'euros (9,3 % du PIB de l’UE) au titre des garanties publiques sur le financement des banques et d’autres mesures (à court terme) destinées à soutenir la liquidité; et, d’autre part, - de mesures destinées à soutenir leur solvabilité: 442 milliards d'euros (3,5 % du PIB de l’UE) pour les mesures de recapitalisation et le traitement des actifs dépréciés.
Trois États membres ont bénéficié de près de 60 % de l'ensemble de l'aide utilisée: le Royaume-Uni (19 %), l’Irlande (16 %) et l’Allemagne (16 %)."
(1) Le tableau de bord, avec les annexes, statistiques et indicateurs pour l'ensemble des États membres, est disponible à l’adresse suivante: http://ec.europa.eu/comm/competition/state_aid/studies_reports/studies_reports.html
mardi 15 janvier 2013
0,3 % en 2013
Les bourses chutent et du côté de la croissance, ça bande mou... C'est l'avis de l'IRES(1) que répercute aujourd'hui La Libre : "l’activité a stagné au troisième trimestre 2012 après avoir reculé au deuxième; l’emploi a diminué pour la troisième fois consécutive; le chômage a continué à augmenter; le climat des affaires s’est affaibli; et la confiance des ménages a sombré à un niveau proche de celui auquel elle était tombée lors de la crise économique et financière (2008-2009)".
"En résumé, voici les prévisions de l’Ires pour 2013 :
- en recul de 0,2 % en 2012, le PIB belge en volume augmenterait de seulement 0,3 % en 2013;
- après une contraction prévue de 16 600 unités en 2012, l’emploi diminuerait encore de 3 600 unités en 2013;
- en hausse de 21 700 unités en 2012, le nombre de chômeurs augmenterait de 39 500 unités en 2013;
- de 2,8 % en 2012, l’inflation redescendrait à 1,5 % en 2013;
- en tenant compte des mesures budgétaires décidées par le gouvernement, le déficit budgétaire des administrations publiques diminuerait à 2,5 % du PIB en 2013." (La Libre - 15/01/013).
... et 2 sur 3
La veille on apprenait par le même journal que "deux belges sur trois sont touchés par la crise". Même Charles Michel est touché -par la révélation de cette info- je l'ai entendu prendre l'exemple d'une veuve de Laeken contrainte de revendre la maison qu'elle occupait avec feu son mari, tellement les frais de succession sont élevés. Et on s'étonne que certains pensent à mettre à l'abri le peu qu'il leur reste.
(1) www.regards-economiques.be
"En résumé, voici les prévisions de l’Ires pour 2013 :
- en recul de 0,2 % en 2012, le PIB belge en volume augmenterait de seulement 0,3 % en 2013;
- après une contraction prévue de 16 600 unités en 2012, l’emploi diminuerait encore de 3 600 unités en 2013;
- en hausse de 21 700 unités en 2012, le nombre de chômeurs augmenterait de 39 500 unités en 2013;
- de 2,8 % en 2012, l’inflation redescendrait à 1,5 % en 2013;
- en tenant compte des mesures budgétaires décidées par le gouvernement, le déficit budgétaire des administrations publiques diminuerait à 2,5 % du PIB en 2013." (La Libre - 15/01/013).
... et 2 sur 3
La veille on apprenait par le même journal que "deux belges sur trois sont touchés par la crise". Même Charles Michel est touché -par la révélation de cette info- je l'ai entendu prendre l'exemple d'une veuve de Laeken contrainte de revendre la maison qu'elle occupait avec feu son mari, tellement les frais de succession sont élevés. Et on s'étonne que certains pensent à mettre à l'abri le peu qu'il leur reste.
(1) www.regards-economiques.be
samedi 27 octobre 2012
[Elargissons la brèche vers la grève générale en Europe !]
On sait que les deux principaux syndicats en Espagne, CCOO et UGT, ont appelé à une grève de 24 heures le 14 novembre pour s’opposer à l’austérité d’une brutalité inouïe imposée par le gouvernement Rajoy. Ce sera la deuxième grève de ce genre cette année. Elle est soutenue par des centaines d’associations de toutes sortes. Le même appel a été lancé au Portugal par la CGTP. Pour rappel, le Portugal a connu récemment les manifestations les plus massives depuis la Révolution des Oeillets, en 1974-75.
De son côté, le principal syndicat du secteur privé en Grèce, la GSEE, appelle également à un arrêt de travail le 14 novembre. Ce sera la quinzième grève interprofessionnelle des travailleurs et travailleuses de ce pays contre les diktats de la troïka BCE/FMI/Commission.
Face à cette coordination horizontale de la riposte, la Confédération Européenne des Syndicats a finalement appelé à une journée d'action européenne le 14 novembre, sous "diverses formes : grèves, manifestations, rassemblements et autres actions".
La CES n’est pas un syndicat mais un groupe de pression qui accompagne la construction de l’UE capitaliste, fait du lobbying auprès de la Commission et organise de temps en temps une manifestation européenne sans lendemains. La dernière, à Bruxelles en 2010, avait pour slogan « pour l’emploi et la relance »…
Selon certaines informations, la décision chèvrechoutiste de la CES concernant le 14 novembre aurait été arrachée très péniblement, au terme de plusieurs heures de tractations.
Le décalage entre la dispersion nationale des luttes, d’une part, et la coordination européenne de l’offensive capitaliste, d’autre part, est une des raisons majeures qui poussent le mouvement ouvrier dans les cordes. Il est grand temps de réagir ensemble, car la classe dominante ne se contente plus d’attaquer les acquis sociaux : avec le Pacte budgétaire européen (TSCG, que la Belgique doit adopter prochainement !), elle est en train de mettre en place un régime européen despotique, dans lequel les parlements élus n’ont plus rien à dire. Dans ce régime, les syndicats seront soit broyés, soit transformés définitivement en courroies de transmission du néolibéralisme.
Il faut donc tout faire pour que les « diverses formes » évoquées par la CES se traduisent par les actions les plus radicales possibles, en fonction des rapports de forces : grèves et assemblées de sensibilisation dans le maximum de pays, de secteurs et d’entreprises, et manifestations combatives. Toute radicalisation du pseudo « mot d’ordre » de la CES sera un pas en avant vers une lutte européenne de plus en plus indispensable.
En Belgique, les directions interprofessionnelles de la FGTB, de la CSC et de la CGSLB discutent d’une manifestation de militant-e-s à Bruxelles devant les institutions européennes, couverte par un préavis de grève (en tout cas pour les affiliées et affiliés FGTB). Mais la section régionale de la FGTB (interprofessionnelle) de Liège-Huy-Waremme a décidé d’une grève de 24h, rejoignant ainsi les camarades espagnols, portugais et grecs. La CGSP-ALR de Bruxelles (secteur des administrations locales et régionales au sein de la Centrale des services publics de la FGTB) a fait de même. Les Jeunes FGTB et les Métallos Walllonie-Bruxelles appellent les travailleurs-ses à se mobiliser pour organiser une grève générale le 14 novembre (communiqué ci-dessous) ! Des groupes de gauche proposent une manifestation unitaire de lutte à Bruxelles. Bravo !
Elargissons la brèche, en Belgique et en Europe ! A l’exemple des syndicalistes espagnols, portugais et grecs, prenons des contacts de syndicat à syndicat, de secteur à secteur, d’entreprise à entreprise, entre filiales au sein des groupes ! Organisons la mobilisation !
Nous répétons notre invitation aux délégations syndicales à organiser des arrêts de travail dans les entreprises et à tenir des assemblées générales sur le lieu de travail pour informer sur l'offensive d'austérité tant en Europe du Sud qu'en Belgique et pour réfléchir, sans attendre, à un plan d’action coordonné vers une grève générale en Europe. C’est indispensable pour que la colère contre la misère et le chômage se transforme en lutte consciente pour une alternative.
Il ne s’agit pas seulement de solidarité avec les travailleurs et travailleuses du Sud de l’Europe, mais de lutte commune contre une même politique de destruction de l’emploi et des acquis sociaux, des services publics, des salaires. Une politique de classe délibérée, téléguidée par le patronat, en particulier par les sangsues du capital financier. Une politique qui sème la misère, le racisme, le sexisme, le nationalisme et fait le lit de la droite-extrême, voire de l’extrême-droite la plus nauséabonde.
Dans notre pays, plus de 10.000 licenciements se décident en un jour avec la fermeture de Ford Genk, de Dow à Tessenderlo, les licenciements chez HP ou Du Pont, ... En même temps, des mesures d’austérité ont déjà été imposées à la hussarde par le gouvernement Di Rupo, à hauteur de onze milliards d’Euros. Dès le mois de novembre, des milliers de chômeurs et de chômeuses commenceront à basculer dans une pauvreté encore plus insupportable. 4,5 milliards de mesures sont encore annoncées pour le budget 2013. Et ce n’est pas tout : alors que la collectivité a perdu 17 milliards dans le sauvetage des banques, la recapitalisation de Dexia menace d’encore alourdir la facture… Tout cela alors que les grandes entreprises ne paient pratiquement pas d’impôt !

Se laissera-t-on abattre un par un, ou nous battrons-nous ensemble, ici et avec le reste de la classe des travailleurs en Europe? Au-delà de la solidarité indispensable avec nos frères et sœurs d’Espagne, du Portugal, de Grèce et d’ailleurs, voilà nos raisons de nous battre à leurs côtés. Pas pour la « relance » du capitalisme (ce serait la destruction sociale et écologique), mais pour un programme anticapitaliste basé sur le partage des richesses, le partage du travail (sans perte de salaire), l’annulation de la dette illégitime, l’extension du secteur public par la création massive d’emplois socialement utiles et écologiquement responsables! Nous appelons également les salariéEs de la Poste en grève dans plusieurs régions, ceux de la SNCB dont le gouvernement vient d’amputer l’enveloppe de 72 millions d’euros et qui luttent contre la casse du service public, comme ceux de Ford, mais aussi d’Arcelor et les autres victimes de la violence capitaliste à unifier leurs luttes et à descendre dans la rue le 14 novembre pour montrer leur colère et leur détermination.
Entreprise par entreprise, secteur par secteur, pays par pays… nous sommes faibles, touTEs ensemble nous serons fortEs. Ensemble, nous pouvons faire en sorte que la peur change de camp. Ensemble, saisissons la chance qui s’offre le 14 novembre de commencer à modifier le rapport de forces. Ensemble, entamons le combat pour une autre Europe : sociale, généreuse, écologiste, démocratique.
Pour la Direction Nationale de la LCR-SAP,
Céline Caudron, porte-parole
lundi 11 juin 2012
Appel unitaire de la gauche belge en solidarité avec le peuple grec contre l'austérité de la Troïka
| Appel unitaire de la gauche belge en solidarité avec le peuple grec contre l'austérité de la Troïka | |||
Par le biais des élections du 6 mai, le peuple grec a confirmé ce qu’il hurle depuis bientôt trois ans: « nous refusons de payer la crise des banques et des élites politiques ». Les deux partis traditionnels, Nouvelle Démocratie (droite) et PASOK (« socialiste »), ont été lourdement sanctionnés pour leur soutien et leur mise en oeuvre des mesures d’austérité extrêmement violentes imposées par la « Troïka » (FMI, UE, BCE). Loin de « sauver » la Grèce, ces mesures ne servent qu’à renflouer les banques allemandes, françaises, belges,… qui risquent gros en cas de défaut de paiement du gouvernement grec.
Mais ces mesures ont surtout servi à imposer des politiques antisociales au peuple grec : baisse drastique des salaires (plus de 25% en deux ans), fermetures d’hôpitaux et privatisations en tout genre, baisse de toutes les allocations sociales. Tout cela sans toucher aux fortunes des armateurs, de l'armée et de l'Eglise Orthodoxe. Pendant ce temps, le chômage a explosé pour atteindre 25%, et même 50% chez les jeunes. Aujourd’hui les suicides dus à la crise se multiplient et les cas d’enfants mal nourris qui s’évanouissent à l’école sont fréquents.
Le peuple grec a exprimé massivement et démocratiquement son refus de cette politique, en accordant près de 30% de ses voix à la gauche anti-austérité. Pourtant, l’UE et les médias ont accusé sur tous les tons les dirigeants de SYRIZA de bloquer une solution politique «raisonnable», qui consisterait à former un gouvernement d’union nationale pour prolonger et donc accentuer la politique de misère que la Troïka proclame être la seule possible ! les classes dominantes européennes sont maintenant inquiètes : la Grèce devient « ingouvernable », cela veut dire en fait qu’aucun gouvernement prêt à se soumettre aux exigences de la Troïka ne bénéficierait d’une majorité au parlement ! Les dirigeants du PASOK et de ND, et leurs collègues européens, notamment du gouvernement allemand mais aussi le belge Karel de Gucht (Open VLD), commissaire européen au commerce, ont lancé une campagne de propagande tous azimuts pour maintenir le pillage de la société grecque en faveur de la « bancocratie » européenne et mondiale. La menace d’expulser la Grèce de la zone euro se fait de plus en plus concrète.
Tous ces apôtres de l’austérité démontrent donc que la volonté du peuple leur importe peu. C’est la dictature des marchés à tout prix qui règne. Pour satisfaire leurs maitres européens et banquiers, le PASOK et ND ont déjà matraqué, gazé et enfermé des milliers de Grec-que-s qui tentent de leur rappeler ce que signifie le mot démocratie. C’est à coups de matraques et dans le sang qu’on pousse les Grec-que-s à la misère. Ces politiques et la répression qu’elles entrainent font aussi le lit du racisme et du fascisme. Les résultats du parti nazi Aube Dorée et de l’extrême droite renforcent encore le besoin de soutenir le peuple grec dans sa résistance pour des solutions justes et solidaires. Les « bancocrates » sèment la haine et la peur mais le peuple refuse de céder à leur répression.
C’est en Grèce que se joue l’avenir des peuples européens, la Commission et les banques essayent déjà d’imposer les mêmes « solutions » à l’Italie, à l’Etat Espagnol et au Portugal. Si nous ne les arrêtons pas, la Belgique suivra. Toute l’Europe se voit confrontée à des degrés divers à ce même diktat de l’austérité, chez nous menée par le gouvernement Di Rupo (PS). C’est pourquoi une victoire contre cette politique en Grèce donnera du courage et de l’espoir à tous les peuples européens dans leur lutte contre l’Austérité.
Nous, militantes et militants en Belgique, issus des mouvements sociaux, des syndicats, de partis politiques de la gauche, déclarons soutenir le peuple grec dans ce moment historique, contre le chantage indigne des dirigeants européens.
- Nous refusons de laisser le peuple grec isolé face aux attaques d'austérité.
- Nous sommes solidaires de la lutte du peuple grec contre les politiques d'austérité ainsi que de son aspiration à un gouvernement qui appliquera ses revendications, comme l'annulation immédiate des programmes d'austérité de l'UE et le FMI, l'audit de la dette et l'annulation de la dette illégitime.
- Nous condamnons l'attitude et le chantage de l'UE et des gouvernements qui dénie au peuple grec son droit démocratique de choisir sa politique sociale et économique, que ce soit à l'intérieur ou à l'extérieur de l'eurozone.
- Nous appelons dans ce sens à une convergence des résistances au-delà des frontières, pour rejeter l'austérité et le défaitisme, pour triompher de la droite extrême et pour construire une autre Europe au service des besoins sociaux de toutes et tous et des nécessités environnementales.
Sur base de ces mots d'ordre, nous appelons, comme plusieurs organisations[1], à la manifestation « Ni en Grèce, ni en Belgique, ni nulle part! » de ce mercredi 13 juin, au départ de la Bourse de Bruxelles à 18h, vers l'ambassade de Grèce
Premiers signataires :
Baptiste Argouarc'h - Freddy Bouchez (coordinateur de l’ASBL CEPRé, militant FGTB Centre) - Yannick Bovy (réalisateur, militant syndical et associatif) - Céline Caudron (Ligue Communiste Révolutionnaire) - Alixe Constant (Théâtre des Rues) - Marie-Françoise Cordemans - Jean Delval (Théâtre des Rues)- Nuray Dogru - Guy Fays (secrétaire régional, FGTB Namur) - José Garcia (syndicat des locataires) - Sophie Heine (politologue a l'ULB et à l'Universite d'Oxford) - Dalila Larabi (animatrice au Bureau wallon des Femmes du CEPAG) - Mattheu Lietaert (docteur en sciences politiques et co-réalisateur de "The Brussels Business") - Herman Michiel (Ander Europa) - Silvio Marra (ex-délégué FGTB aux Forges de Clabecq) - Céline Moreau (Jeunes FGTB) - François Polet (Centre Tricontinental –Cetri) - Hamel Puissant (animateur-formateur en Education permanente) - Jean-François Ramquet (secrétaire régional interprofessionnel FGTB Liège-Huy-Waremme) - Gérald Renier (section bruxelloise des Etudiants FGTB) - Danièle Ricaille (Théâtre des Rues) - Herman Van Laer (afgevaardigde ABVV Evonik Degussa) - Felipe Van Keirsbilck (secrétaire Général de la CNE) - Jean Vogel (professeur ULB) - Thomas Weyts (Socialistiche Arneiderspartij)
[1] Ander Europa ; Attac ULB ; Centrale Nationale des Employés (CNE) ; Centre Tricontinental (CETRI) ; Comité Mapuche Belgica (COMABE) ; Comac ; Comité d'Action contre l'Austérité de l'asbl Cepré (Centre d'Education Populaire Régional) ; Comité pour l'Annulation de la Dette du Tiers-Monde (CADTM) ; Comités Action Europe ; Egalité ; Etudiants FGTB Bruxelles ; Etudiants de Gauche Actifs - Actief Linkse Studenten (EGA - ALS) ; Fédérations bruxelloise et liégeoise du Parti Communiste ; Initiative de Solidarité à la Grèce qui Résiste ; Jeunes Anticapitalistes (JAC) ; Jeunes FGTB ; Jeunesse Ouvrière Chrétienne (JOC) ; Ligue Communiste Révolutionnaire / Socialistische Arbeiderspartij (LCR-SAP ; Parti Humaniste ; Parti Socialiste de Lutte - Linkse Socialistische Partij (PSL - LSP) ; Rood! ; Socialisme 21 ; Syriza Belgique ; Théâtre des rues ; Vie Féminine Bruxelles ; Vonk/Unité Socialiste ; Union des Progressistes Juifs de Belgique (UPJB) ; Links en Ecologisch Forum (LEF) ; PTB/Pvda ; ATTAC Bruxelles 2 ; Vrede VZW ; Section du Parti de la Rifondazione Comunista de Bruxelles "E. Berlinguer" ; Parti Communiste Wallonie-Bruxelles ; Ligue Communiste des Travailleurs (LCT) ; ZINTV ; Izquierda Unida Bélgica
mercredi 30 mai 2012
Ni en Grèce, ni en Belgique, ni nulle part!
Συγκέντρωση αλληλεγγύης στον ελληνικό λαό ενάντια στη λιτότητα, την τραπεζοκρατία και την Τροικα, στις 13 Ιούνη στις Βρυξέλλες.
Στις 13 του Ιούνη οι δρόμοι των Βρυξελλών θα πλημμυρίσουν ελπίδα!
ο ΣΥΡΙΖΑ Βελγίου συμμετέχει σε αυτή τη συγκέντρωση και υπογράφει το κάλεσμα, το οποίο ξεκίνησε από πρωτοβουλία Βέλγικων οργανώσεων.
ΛΑΟΙ ΤΗΣ ΕΥΡΩΠΗΣ ΕΝΩΘΕΙΤΕ!
Manifestation
Στις 13 του Ιούνη οι δρόμοι των Βρυξελλών θα πλημμυρίσουν ελπίδα!
ο ΣΥΡΙΖΑ Βελγίου συμμετέχει σε αυτή τη συγκέντρωση και υπογράφει το κάλεσμα, το οποίο ξεκίνησε από πρωτοβουλία Βέλγικων οργανώσεων.
ΛΑΟΙ ΤΗΣ ΕΥΡΩΠΗΣ ΕΝΩΘΕΙΤΕ!
Van Rompuy, Di Rupo, De Gucht, nous refusons votre austérité!
Manifestation
ce mercredi 13 juin, à 18h,
au départ de la Bourse vers l'ambassade de Grèce
- Nous refusons de laisser le peuple grec isolé face aux attaques d'austérité.
- Nous sommes solidaires de la lutte du peuple grec contre les politiques d'austérité ainsi que de son aspiration à un gouvernement qui appliquera ses revendications, comme l'annulation immédiate des programmes d'austérité de l'UE et le FMI, l'audit de la dette et l'annulation de la dette illégitime.
- Nous condamnons l'attitude et le chantage de l'UE et des gouvernements qui dénie au peuple grec son droit démocratique de choisir sa politique sociale et économique, que ce soit à l'intérieur ou à l'extérieur de l'eurozone.
- Nous appelons dans ce sens à une convergence des résistances au-delà des frontières, pour rejeter l'austérité et le défaitisme, pour triompher de la droite extrême et pour construire une autre Europe au service des besoins sociaux de toutes et tous et des nécessités environnementales.
Premières organisations signataires (au 29/05):
Ander Europa
Comités Action Europe
Comité d'Action contre l'Austérité de l'asbl Cepré (Centre d'Education Populaire Régional)
Comité pour l'Annulation de a Dette du Tiers-Monde (CADTM)
Egalité
Initiative de Solidarité à la Grèce qui Résiste
Jeunes Anticapitalistes (JAC)
Jeunes FGTB
Jeunesse Ouvrière Chrétienne (JOC)
Ligue Communiste Révolutionnaire/Socialistische Arbeiderspartij (LCR-SAP)
Parti Communiste de Bruxelles
Parti Humaniste
Théâtre des rues
Vonk/Unité Socialiste
Pour soutenir la manifestation en tant qu'organisation, écrire à anti.austerite@gmail.com
samedi 19 mai 2012
Syriza ou la percée magistrale d’une expérience unitaire unique et originale
Syriza ou la percée magistrale d’une expérience unitaire unique et originale
Épouvantail pour « ceux d’en haut », espoir pour « ceux d’en bas »,
SYRIZA fait une entrée fracassante sur la scène politique de cette
Europe en crise profonde.
par Yorgos Mitralias
Après avoir quadruplé sa force électorale le 6
mai, SYRIZA ambitionne maintenant non seulement de devenir le premier
parti de Grèce aux élections du 17 juin, mais surtout de pouvoir former
un gouvernement de gauche qui abrogera les mesures d’austérité,
répudiera la dette et chassera la Troïka du pays. Ce n’est donc pas
une surprise si SYRIZA intrigue fortement au delà de la Grèce, et si
pratiquement tout le monde s’interroge sur son origine et sa vraie
nature, ses objectifs et ses ambitions.
Cependant, SYRIZA n’est pas exactement un nouveau venu dans la gauche
européenne. Né en 2004, la Coalition de la Gauche Radicale (SYRIZA)
aurait due attirer l’attention des politologues et des médias
internationaux ne serait-ce que parce qu’elle était, dès ses débuts, une
formation politique totalement inédite et originale dans le paysage de
la gauche grecque, européenne et même mondiale. D’abord, à cause de sa
composition. Formée de l’alliance de Synaspismos (Coalition), un parti
réformiste de gauche de vague origine eurocommuniste ayant de
représentation parlementaire, avec une douzaine d’organisations
d’extrême gauche, qui couvrent presque tout le spectre du trotskisme, de
l’ex-maoïsme et du « movimentisme », la Coalition de la Gauche Radicale
constituait déjà à sa naissance une exception à la règle qui voulait
–et continue à le vouloir- que les partis plus ou moins traditionnels à
la gauche de la social-démocratie ne s’allient jamais avec les
organisations d’extrême gauche !
![]() |
| Cours d'économie, Place Syntagma. |
jeudi 17 mai 2012
[A gauche, le débat enfin ouvert ?]
A
gauche, le débat enfin ouvert ?
Le 1er mai 2012 fera date pour
la gauche en Belgique. Dans des échos publiés la veille et dans son discours le
1er mai face aux militants rassemblés devant la FGTB carolo, le
Secrétaire Régional, Daniel Piron, a exprimé avec force et clarté ce que des
centaines de militants syndicaux ne cessent de se répéter depuis des
années : le syndicalisme est orphelin, ses « relais politiques
naturels » le Parti Socialiste et (dans une moindre mesure) Ecolo, ont
achevé leur conversion au libéralisme économique et se contentent dès lors
« d’accompagner » le capitalisme et de soigner ses crises à
répétition avec de la poudre de perlimpinpin.
Ce que vivent chaque jour les
travailleur(se)s et leurs déléguéEs, c’est l’extrême sauvagerie de ce système
inhumain : restructurations, licenciements, durcissement des conditions de
travail, exclusion, racisme et précarité à tous les étages, mise en concurrence
des travailleurs, chômage massif, politiques d’austérité, attaques contre les
conquêtes sociales, contre les services publics, etc.… ne sont que le résultat
de la course au profit qui est le fondement même du système. Daniel Piron le
proclame « Il nous faut, et je sais, chacun d’entre nous, chacun d’entre
vous, convaincus, mettre ce système capitaliste aux oubliettes de
l’histoire. Ce système ne peut être
réformé. Il doit disparaître. »
C’est au nom de toutes les composantes de
la FGTB de Charleroi (la 2ème régionale de la FGTB wallonne en
nombre d’affiliés) qu’il ajoute : « Combien de temps allons-nous encore,
Camarades, nous laisser tondre la laine sur le dos ? Quel est le déclic dont
nous avons besoin pour que la peur change de camp ? »
Après avoir passé en revue les dérobades, reculs (sinon trahisons) des
sociaux-démocrates, estimant « qu’à force de composer, on se
décompose, on se dilue. Et pour
l’instant, c’est la gauche qui se dilue dans la droite » le
responsable de la FGTB a lancé un appel sans ambigüité : « Aujourd’hui,
camarades du PS, la politique du moindre mal ne passe plus chez nos militants.
La phrase magique « ce serait pire sans nous » fait offense à leur
intelligence. (…) Ce que nous lançons comme appel, c’est un appel à rassembler
à gauche du PS et d’ECOLO. Il y a là des
forces vives, actives, militantes et anticapitalistes porteuses d’espoir pour
le monde du travail. Je sais que cela ne sera pas chose facile, mais si chacun
peut faire un pas vers l’autre, PTB, LCR, PSL, PC, gauche chrétienne peut-être,
gauche du PS et d’ECOLO s’il en reste, sûrement, nous pourrons certainement ,
nous l’appelons de toutes nos forces, renouer avec l’espoir pour le monde du
travail. (…) Et ce, en toute indépendance syndicale s’entend. »
Un simple discours de 1er
mai ? Non, car Daniel Piron précise immédiatement : « Mais se contenter de
l’affirmer du haut de cette tribune ne suffit pas. Faut-il encore nous en donner les moyens et
le relais politique pour concrétiser notre objectif. »
Et d’insister
sur la méthode : « Mais l’indépendance
syndicale n’est pas synonyme d’apolitisme.
Et chacun sait l’importance d’un relais politique. Nous n’agirons
toutefois nullement dans la précipitation.
Loin de nous cette idée de construire cette force à gauche du PS et
d’ECOLO dans les prochains jours ou prochaines semaines. Un travail en profondeur reste à mener
d’abord avec nos militants même si nous sommes convaincus qu’ils partagent
notre vision. C’est eux qui l’ont
générée. Après les élections communales, sur base du programme de la FGTB, nous
interpellerons les forces de gauche (…) et nous mesurerons à quel niveau elles
partagent nos valeurs et nos objectifs. »
Chacun doit prendre ses responsabilités
Si ces déclarations ont été chaleureusement
applaudies par les centaines de militant(e)s syndicaux(ales) présent(e)s à Charleroi, il faut bien
constater que cet appel n’a pas encore reçu l’accueil qu’il est en droit
d’attendre au sein des différentes composantes de la gauche. Le PS
minimise : « on est habitué à ces crises cycliques ».
Du côté de certains pontes syndicaux,
coincés dans leurs vieilles habitudes aux accents
« sous-régionalistes », on n’hésite pas à ressortir les vieilles
rengaines sur le thème « l’important c’est de rassembler »...
Critiquer le PS un matin et se « rassembler » avec lui dans l’Action
Commune Socialiste le lendemain ? De faux arguments d’unité pour éviter
de répondre aux questions clés. « Le
Soir » du vendredi 4 mai donnait le ton de ces pseudo-arguments et tirait
déjà une conclusion provisoire « Retour
au début : en définitive, il ne se passera peut-être pas grand-chose de neuf à la
gauche de la gauche, même s’il se passe indéniablement quelque chose à
Charleroi… »[1]
Peu d’échos aussi du côté des petites
organisations de la gauche pourtant si
promptes à s’autoproclamer « incontournables ». A titre d’exemple, du
côté du PTB, la page Facebook du parti à Charleroi est restée muette et le site
national se limitait jusqu’au 4 mai à dire quelques mots, assez flous, sur la
prise de position de la FGTB-Charleroi « (qui) nourri de grands doutes
quant à la volonté du PS », escamotant la proposition pourtant adressée
clairement au PTB dans le discours de Daniel Piron. D’une semaine à l’autre, la
différence est troublante : les dirigeants du PTB qui avaient si bien courtisé
Bernard Wesphael ont fait bien peu de cas de la proposition d’une organisation
comptant plus de 100.000 affiliés… D’autres, trop occupés à la préparation des
listes pour les élections communales, semblent
empressés de tourner cette page du 1er mai 2012 :
n’est-il pas plus simple de se cantonner
à une intervention propagandiste abstraite sur la nécessité de
« construire un parti des travailleurs » que de mettre la main à la
pâte ?
Au boulot !
Le discours de 1er mai de la
FGTB Charleroi a un immense mérite : il ouvre, enfin, le débat à gauche
autrement que par le petit bout de la lorgnette. Ce que propose la FGTB
Charleroi est d’une autre nature que les habituels « cours sur
l’unité » qui s’ouvrent avant chaque scrutin et se referment aussitôt
après… A Charleroi, mais aussi dans les autres régions, ce n’est pas tous les
jours que, des rangs syndicaux, monte une analyse et surtout des propositions
pour sortir de l’impasse dans laquelle la social-démocratie a conduit les
travailleurs. Je ne doute pas que des responsables syndicaux sincères mettront de côté leurs particularismes et
leurs (petites) divergences, pour enrichir ce débat crucial pour le mouvement
ouvrier. Si c’est le cas les
« petits réflexes des petits appareils » apparaîtront pour ce qu’ils
sont : anecdotiques…
Personnellement je pense que les militantEs
(et les organisations, bien entendu) doivent sortir de leur torpeur et saisir
cette main tendue par l’organisation syndicale. Dans le texte qu’il a publié, Freddy
Bouchez a totalement raison d’écrire « Celles et ceux qui aujourd’hui, dans
ou à l’extérieur du mouvement syndical, prennent des initiatives pour
concrétiser cette recomposition à gauche sont à soutenir. Nous devons nous
engager avec eux pour que ce nouveau parti anticapitaliste devienne
réalité. »[2]
J’espère que dans d’autres régions, au sein
des organisations syndicales, dans les milieux associatifs et chez tous les
« indignés », des militants vont s’approprier ce chantier et se (re)mobiliser.
Je pense à tous ceux qui en décembre 2011 ont râlé comme pas possible quand le
PS les a ignorés en faisant passer en trombe les mesures sur les fins de
carrière. Je pense aux militants que Rudy Demotte a traités
« d’intempérants » et à ceux que Di Rupo a accusé de « conduire
le peuple vers l’abîme » (lors de la présentation de leurs
« bons » vœux…). Je pense aux travailleurs sans emploi et
particulièrement aux jeunes qui vont se faire jeter par dizaines de milliers
d’ici quelques mois. Je pense à tous ces militants qui ont contribué au succès
de la grève du 30 janvier et aux actions du 29 février et qui savent que, comme
en Grèce, en Espagne et au Portugal, les
politiques d’austérité drastique sont passées grâce aux
« socialistes ». Qui savent que sans se dégager de cette impasse
politique, le mouvement syndical est condamné à subir de lourdes attaques ou
devenir, au mieux, un rouage du système.
Freddy Mathieu
[1] Le Soir 04/05/2012 « Le PS écorché sur son flan gauche »
page 4
[2] publié sur http://debat-syndicats.blogspot.com/2012/05/construire-une-alternative-la-gauche-du.html
d'autres contributions au débat sur www.debat-syndicats.blogspot.com/
samedi 25 février 2012
[Nous sommes tous grecs]
Nous sommes tous grecs
Le capitalisme veut sortir de sa crise profonde par une
offensive sans précédent contre les peuples. Ce qui se passe en Grèce, jours
après jours, est un véritable laboratoire qui permet de tester jusqu’où la
violence de ces attaques peut être supportée.
Sitôt les mesures imposées par la Troïka (FMI, BCE, UE),
adoptées pour la forme par le parlement grec au cours d’une nuit d’enfer où
l’offensive d’austérité se doubla d’une répression féroce contre la population
et transforma Athènes et Thessalonique en « chambres à gaz » pendant
des heures, les « serviteurs » du capital s’empressent de mettre la
barre encore plus haut, et les agences de notation la note encore plus bas… « Il l’a bien cherché » continue-t-on
à entendre du petit peuple grec. On s’apitoie surtout sur le sort des
créanciers privés, banques et fonds d’investissement qui auraient « perdu
de l’argent » en concédant un effacement partiel de la dette de la Grèce
mais on passe sous silence les plantureux et scandaleux bénéfices qu’ils en ont
tiré au cours des dernières années en plongeant la Grèce dans une dette
abyssale.
Les « marchés » ont définitivement cadenassé
la « démocratie ». Les chefs
des deux partis de la coalition au pouvoir, le PASOK (socialiste) et Nouvelle
Démocratie ont même été obligés de s’engager par écrit à respecter les
promesses faites d’économies budgétaires et de réformes y compris après les
élections législatives anticipées, prévues sous peu.
Mais ce n’est pas encore assez. Les « experts »
n’ont pas attendu une minute pour reprendre leur travail de sape : les
calculs n’étaient pas bons, il faudra de nouvelles coupes sombres. Le fruit
doit être pressé jusqu’au bout.
Dans cette spécialité, notre ancien premier ministre
libéral, Guy Verhofstadt, montre ses crocs : « Le seul moyen de nettoyer les écuries d'Augias et de faire
entrer les Grecs dans la modernité à laquelle ils aspirent est de provoquer une grande vague de libéralisation visant à
découpler le travail de l'Etat. C'est tout le marché du travail qu'il faut
donc réformer dans un premier temps, ainsi que supprimer les barrières
administratives et règlementaires restreignant l'activité économique, puis il
faudra privatiser les entreprises publiques, sitôt la situation économique
suffisamment stabilisée pour éviter le bradage des biens nationaux à vil prix. (…)La
stabilité des finances publiques n'est qu'un des éléments d'une politique
globale qui doit aussi conjuguer la solidarité et la croissance. Une
perspective dont la Grèce n'est d'ailleurs pas seule à avoir besoin. » (Le
Soir – 22/02/12)
Voilà qui est clair, non seulement pour les grecs mais aussi
pour tous les travailleurs européens dont le sort se joue aussi en Grèce, en
Espagne, au Portugal. Chaque attaque où qu’elle apparaisse, est une attaque
contre tous.
MES ?
Les parlements nationaux sont muselés. Il en va de même partout
en Europe ou se joue actuellement le sort du Mécanisme Européen de Stabilité (MES) : au sein de ce
mécanisme, les décisions seront prises par le Conseil des gouverneurs composé exclusivement
des ministres des finances de la zone euro. Aucun veto, ni
aucune autorité des parlements nationaux n’est prévu sur ces ministres
lorsqu’ils agissent au titre de gouverneurs. De plus, ils jouiront en cette
qualité d’une immunité totale leur permettant d’échapper à toute poursuite
judiciaire. Qui a fait la moindre publicité à ces discussions
qui nous engagent sur le long terme ?
« Négation des
compétences fiscales et budgétaires des parlements nationaux, déni des
principes de base de la démocratie, impossibilité d’opposer un veto, immunité
judiciaire totale, opacité des documents… Autant de procédés antidémocratiques
qui m’amènent aujourd’hui à vous demander d’adopter une position claire quant à
ce traité. Allez-vous l’accepter ou le rejeter ? Il va sans dire que je
prendrai en compte votre réaction sur cette question cruciale la prochaine fois
que je serai appelé(e) aux urnes » c’est le texte d’une lettre que le
CADTM propose d’adresser aux parlementaires belges sur cette question. Ils ne
semblent pas presséEs de répondre. Sur les douze parlementaires qui ont répondu
au CADTM, seuls deux ont indiqué vouloir voter contre, sept « ne se
prononcent pas »…
Ni pour, ni contre…
…bien du contraire ! C’est l’attitude adoptée par le PS
français dans les votes à l’Assemblée comme au Sénat. « Le MES devrait finir sans être inquiété son petit bonhomme de
chemin parlementaire. Ce nouveau fonds de soutien aux pays de la zone euro en
difficulté, le «Mécanisme européen de stabilité», a été adopté, mardi à l’Assemblée,
la droite et le centre l’approuvant, tandis que les socialistes se sont abstenus à l’exception d’un quinzaine
d’entre eux » conclut Libération (23/02/2012).
En Grèce, comme partout en Europe, seule la rue pourrait
imposer une alternative aux politiques d’austérité qui s’installent dans un
vide démocratique absolu.
Que font les
syndicats ?
C’est dans ce contexte que la Confédération Européenne des
Syndicats (CES) appelle à une journée européenne d’action le 29 février. La CES
cerne les vrais enjeux : la pauvreté qui gagne du terrain, l’emploi qui
sombre, le sauvetage des banques préféré à celui des peuples, le drame du
peuple grec,… mais se trompe de réponses et de moyens d’action. Peut-on croire
que la relance (du système capitaliste) va stopper ses attaques constantes
contre les conquêtes des travailleurs que sont les systèmes de Sécurité
Sociale, le Droit du Travail, la Démocratie ? Et qui peut penser que,
malgré leur simultanéité, quelques milliers de manifestants éparpillés dans
chaque pays, au bon vouloir de leurs directions syndicales nationales, auront
plus de poids que les millions de travailleurs qui ont affronté l’offensive
capitaliste de la Grèce à l’Espagne en passant par la Belgique, la Roumanie, le
Portugal et tant d’autres pays ? Oui, il est temps de porter le combat au
niveau européen, mais de manière bien plus déterminée, sur des objectifs bien
plus radicaux. Une autre voie est possible : celle qui, s’appuyant sur les
larges mobilisations dans de nombreux pays, modifiera le rapport de forces en
faveur des travailleurs.
Freddy Mathieu – 23/02/12
article publié sur www.lcr-lagauche.be - www.debat-syndicats.blogspot.com - www.europe-solidaire.org
jeudi 16 février 2012
Eleftherotypia (Liberté de la presse)
Ci-dessous la traduction en français de la « Tribune Libre » de Moissis Litsis, dirigeant du mouvement gréviste des 800 travailleurs et travailleuses du grand quotidien grec Eleftherotypia (Liberté de la presse) qui vient de sortir ce matin. La parution du journal autogéré Les Travailleurs à Eleftherotypia représente un énorme pas en avant. Une telle expérience autogestionnaire dans la Grèce actuelle de la crise cataclysmique sociale, économique et politique constitue un exemple tangible et très visible de ce qui doit etre fait partout ailleurs pour débloquer une situation qui a déjà atteint les limites des luttes défensives les plus radicales.
[Ça y est ! C’est fait ] Les travailleurs d’Eleftherotypia, un des plus grands et plus prestigieux quotidiens grecs, vont de l’avant dans la grande entreprise de l’édition de leur propre journal « Les Travailleurs à Eleftherotypia » !
Depuis le mercredi 15 février, les kiosques dans tout le pays affichent à côté des journaux habituels un journal de plus, écrit par ses propres salariés. Un journal qui ne cherche pas seulement à mettre en évidence la lutte des travailleurs de Eleftherotypia, mais qui veut aussi être un journal d’information complète, spécialement en cette période si critique pour la Grèce.
Les 800 travailleurs et travailleuses à l’entreprise X. K. Tegopoulos, qui édite le journal Eleftherotypia, des journalistes aux techniciens, des nettoyeuses aux employés et aux concierges, sont en grève reconductible depuis le 22 décembre 2011 puisque le patron ne leur verse plus leurs salaires depuis août passé !
Les travailleurs de Eleftherotypia, voyant que le patron demande l’application de l’article 99 du code des mises en faillite, en vue de se protéger de ses créanciers, en réalité ses salariés auxquels il doit un total d’environ 7 millions d’euros en salaires impayés (!), ont décidé parallèlement aux mobilisations et aux actions en justice de faire paraître leur propre journal. Un journal distribué par les agences de la presse dans tout le pays, pour le prix de 1 euro (contre le 1,30 euro qui est le prix habituel des autres journaux), avec comme objectif de soutenir da caisse de grève.
Etant impayés depuis sept mois, les travailleurs et travailleuses de Eleftherotypia sont soutenus par un mouvement de solidarité des diverses collectivités ou même des citoyens isolés qui font des dons en argent ou en espèces (nourriture, couvertures, etc). Avec l’édition de leur propre journal et l’argent de sa vente, ils pourront soutenir financièrement leur grève sans qu’il y ait la moindre médiation de personne : En somme, ils avancent dans une sorte d’autogestion.
Le journal a été confectionné dans un atelier ami, dans une ambiance qui rappelait l’édition d’un journal clandestin, puisque la direction, dès qu’elle a appris que les journalistes vont de l’avant dans leur entreprise d’édition, a coupé d’abord le chauffage, ensuite le système employé par les rédacteurs pour écrire leurs articles et enfin, elle a fermé l’atelier lui-même, bien que pour l’instant l’accès aux bureaux du journal reste libre. Eleftherotypia des Travailleurs a été imprimé dans une imprimerie étrangère à l’entreprise avec l’appui des syndicats des salariés de la presse, parce que les travailleurs de sa propre imprimerie hésitaient à occuper leur lieu de travail.
La direction qui a peur de l’impact de l’édition autogestionnaire du journal, menace de recourir à des actions en justice, elle intimide en menaçant de licencier les membres du comité de rédaction qui ont été élus tout a fait démocratiquement par l’assemblée générale des grévistes. Cependant, le public grec, et pas seulement les lecteurs de Eleftherotypia, attendait avec grand intérêt sa parution – on a été submergé par les messages encourageant les journalistes à éditer seuls le journal – puisque la dictature des marchés est couplée de la dictature des medias qui rendent opaque la réalité grecque. S’il n’y avait pas le climat consensuel cultivé par la plupart des medias en 2010, avec l’argument qu’il n’y avait pas d’alternative quand le gouvernement Papandreou signait le premier Mémorandum dont l’échec patent est reconnu maintenant par tout le monde, on aurait peut être vu le peuple grec se révolter plus tôt pour renverser une politique catastrophique pour toute l’Europe.
Le cas d’Eleftherotypia n’est pas unique. Des dizaines d’entreprises du secteur privé ont cessé depuis longtemps de payer leurs salariés, et leurs actionnaires les ont virtuellement abandonnées en attendant des jours meilleurs… Dans la presse, la situation est même pire. A cause de la crise, les banques ne prêtent plus aux entreprises tandis que les patrons ne veulent pas payer de leur poche, préférant avoir recours à l’article 99 –il y au moins 100 sociétés cotées en bourse qui l’ont déjà fait- afin de gagner du temps en vue de l’éventuelle faillite grecque et de sa probable sortie de la zone euro.
Elefthrotypia a été créée en 1975 comme un « journal de ses rédacteurs » dans la période de radicalisation qui a suivi la chute de la dictature en 1974. Aujourd’hui, dans une époque marquée par la nouvelle « dictature des créanciers » internationaux, les travailleurs et les travailleuses d’Eleftherotypia ont l’ambition de devenir l’exemple lumineux d’une information totalement différente, en résistant à la « terreur » tant du patronat que des barons des medias, qui ne voudraient absolument pas voir les travailleurs prendre en main le sort de l’information.
[Ça y est ! C’est fait ] Les travailleurs d’Eleftherotypia, un des plus grands et plus prestigieux quotidiens grecs, vont de l’avant dans la grande entreprise de l’édition de leur propre journal « Les Travailleurs à Eleftherotypia » !
Depuis le mercredi 15 février, les kiosques dans tout le pays affichent à côté des journaux habituels un journal de plus, écrit par ses propres salariés. Un journal qui ne cherche pas seulement à mettre en évidence la lutte des travailleurs de Eleftherotypia, mais qui veut aussi être un journal d’information complète, spécialement en cette période si critique pour la Grèce.
Les 800 travailleurs et travailleuses à l’entreprise X. K. Tegopoulos, qui édite le journal Eleftherotypia, des journalistes aux techniciens, des nettoyeuses aux employés et aux concierges, sont en grève reconductible depuis le 22 décembre 2011 puisque le patron ne leur verse plus leurs salaires depuis août passé !
Les travailleurs de Eleftherotypia, voyant que le patron demande l’application de l’article 99 du code des mises en faillite, en vue de se protéger de ses créanciers, en réalité ses salariés auxquels il doit un total d’environ 7 millions d’euros en salaires impayés (!), ont décidé parallèlement aux mobilisations et aux actions en justice de faire paraître leur propre journal. Un journal distribué par les agences de la presse dans tout le pays, pour le prix de 1 euro (contre le 1,30 euro qui est le prix habituel des autres journaux), avec comme objectif de soutenir da caisse de grève.
Etant impayés depuis sept mois, les travailleurs et travailleuses de Eleftherotypia sont soutenus par un mouvement de solidarité des diverses collectivités ou même des citoyens isolés qui font des dons en argent ou en espèces (nourriture, couvertures, etc). Avec l’édition de leur propre journal et l’argent de sa vente, ils pourront soutenir financièrement leur grève sans qu’il y ait la moindre médiation de personne : En somme, ils avancent dans une sorte d’autogestion.
Le journal a été confectionné dans un atelier ami, dans une ambiance qui rappelait l’édition d’un journal clandestin, puisque la direction, dès qu’elle a appris que les journalistes vont de l’avant dans leur entreprise d’édition, a coupé d’abord le chauffage, ensuite le système employé par les rédacteurs pour écrire leurs articles et enfin, elle a fermé l’atelier lui-même, bien que pour l’instant l’accès aux bureaux du journal reste libre. Eleftherotypia des Travailleurs a été imprimé dans une imprimerie étrangère à l’entreprise avec l’appui des syndicats des salariés de la presse, parce que les travailleurs de sa propre imprimerie hésitaient à occuper leur lieu de travail.
La direction qui a peur de l’impact de l’édition autogestionnaire du journal, menace de recourir à des actions en justice, elle intimide en menaçant de licencier les membres du comité de rédaction qui ont été élus tout a fait démocratiquement par l’assemblée générale des grévistes. Cependant, le public grec, et pas seulement les lecteurs de Eleftherotypia, attendait avec grand intérêt sa parution – on a été submergé par les messages encourageant les journalistes à éditer seuls le journal – puisque la dictature des marchés est couplée de la dictature des medias qui rendent opaque la réalité grecque. S’il n’y avait pas le climat consensuel cultivé par la plupart des medias en 2010, avec l’argument qu’il n’y avait pas d’alternative quand le gouvernement Papandreou signait le premier Mémorandum dont l’échec patent est reconnu maintenant par tout le monde, on aurait peut être vu le peuple grec se révolter plus tôt pour renverser une politique catastrophique pour toute l’Europe.
Le cas d’Eleftherotypia n’est pas unique. Des dizaines d’entreprises du secteur privé ont cessé depuis longtemps de payer leurs salariés, et leurs actionnaires les ont virtuellement abandonnées en attendant des jours meilleurs… Dans la presse, la situation est même pire. A cause de la crise, les banques ne prêtent plus aux entreprises tandis que les patrons ne veulent pas payer de leur poche, préférant avoir recours à l’article 99 –il y au moins 100 sociétés cotées en bourse qui l’ont déjà fait- afin de gagner du temps en vue de l’éventuelle faillite grecque et de sa probable sortie de la zone euro.
Elefthrotypia a été créée en 1975 comme un « journal de ses rédacteurs » dans la période de radicalisation qui a suivi la chute de la dictature en 1974. Aujourd’hui, dans une époque marquée par la nouvelle « dictature des créanciers » internationaux, les travailleurs et les travailleuses d’Eleftherotypia ont l’ambition de devenir l’exemple lumineux d’une information totalement différente, en résistant à la « terreur » tant du patronat que des barons des medias, qui ne voudraient absolument pas voir les travailleurs prendre en main le sort de l’information.
Moissis Litsis
vendredi 10 février 2012
[Catastroïka]
Catastroïka
Un nouveau documentaire est en préparation en Grèce : « Catastroïka » (voir ici pour soutenir le projet).
Dans le cadre de ce documentaire, une interview de Naomi Klein a été réalisée dont voici un extrait :
Συνέντευξη: Η Naomi Klein για την κυβέρνηση Παπαδήμου from ThePressProject on Vimeo.
Transcription : « Ce qui se passe actuellement en Grèce, ressemble en quelque sorte à ce qui s’est passé en Corée du sud durant la crise asiatique, dans le sens où il y a eut cette guerre évidente avec la démocratie. La Corée du sud était en pleine période électorale quand le FMI a obligé tous les candidats à la présidence à signer l’accord passé avec le FMI. En réalité le FMI a annulé le sens même des élections.
Et peu importe le résultat des élections, l’accord reste inchangé parce qu’ ils redoutaient que celui qui négocie avec le FMI, n’aura pas une grande influence politique pour imposer l’accord et perdra les élections.
C’est le moment ou le masque tombe complétement et où le système des marchés est en guerre avec la démocratie. Les projets du néolibéralisme sont de discréditer la démocratie et de faire en sorte que les élections deviennent une course au candidat le plus populaire. Les marchés veulent de la sécurité. La sécurité que les élections n’amènent aucun changement au statu quo des affaires.
Et il y a beaucoup de mécanismes pour assurer ce statu quo. La soit-disant indépendance de la banque centrale est un de ces mécanismes avec lequel ils disent : « les hommes politiques ne peuvent pas toucher à nos jouets ».
Et il y a beaucoup de mécanismes pour assurer ce statu quo. La soit-disant indépendance de la banque centrale est un de ces mécanismes avec lequel ils disent : « les hommes politiques ne peuvent pas toucher à nos jouets ».
Dans « la Stratégie du Choc » je raconte que c’est ce qui s’est passé au Chili durant la période transitoire vers la démocratie. La fin de la dictature de Pinochet est survenue comme le régime Pinochet l’a voulue. C’était une transition contrôlée. Les « Chicago boys » (groupe d’économistes qui ont travaillé avec Pinochet) disaient ouvertement qu’ils allaient réinventer le sens, la définition de la démocratie, vers une démocratie technocratique.
Dans la réalité il s’agit d’une démocratie où l’économie est hors d’atteinte des politiques. Ils ont utilisé des mécanismes constitutionnels, de sorte que tout changement des règles du jeu économique devienne impossible ou illégal. Les programmes de restructuration sont une des manières d’atteindre leurs buts. Les accords du libre échange en est une autre.
Il y a plusieurs manières de raconter l’histoire du néolibéralisme, comme l’histoire du « comment lier les mains de la démocratie », de sorte qu’elle ne puisse pas inciter le pouvoir à changer l’économie.
La Grèce est considérée comme une nation peuplée d’enfants à qui il faut retirer des mains les clés de la voiture. »
Nous y sommes. La stratégie est bien en place en Grèce depuis quelques années. Le dernier article de Panagiotis Grigoriou, qui revient sur 2 années de choc total, montre bien la ligne de conduite utilisée.
Briser le mécontentement. Assurer "qu’il n’y a pas d’autre solution" quitte à s’asseoir sur la constitution grecque. Laisser la population dans l’incertitude en changeant les règles chaque semaine. Le match d’hier semble terminé. A moins que…
publié sur http://www.okeanews.fr/strategie-choc-grece-interview-naomi-klein/
(transcription : remerciements très chaleureux Panayota pour son aide)
10 février 2012
Les banques prennent le pouvoir...
"le FMI a imposé son plan pour ce qui est de la récolte de l'impôt. Plus de 200 centres des impôts fermeront durant 2012, les trois quarts du pays. Désormais, l'impôt et sa perception (ex-élément régalien d'un État qui n'est plus souverain), sera transféré aux banques..."
samedi 4 février 2012
Crise humanitaire sans précèdent en Grèce
Crise humanitaire sans précèdent en Grèce
Par Sonia MITRALIAS
Discours prononcé devant la Commission Sociale de l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe le 24 janvier 2012 à Strasbourg sur le thème : « Les mesures d’austérité - un danger pour la démocratie et les droits sociaux".
Presque deux ans après le début du traitement de choc imposé par la Banque Centrale Européenne, la Commission Européenne et le Fonds Monétaire International à la Grèce, son bilan est catastrophique, révoltant et inhumain.
Tout d’abord, même les inspirateurs de ces politiques admettent maintenant ouvertement non seulement leur échec patent, mais aussi que leurs recettes étaient dès le début totalement erronées, irréalistes, inefficaces et même contre-productives. En voici une illustration qui concerne non pas une question secondaire mais le cœur du problème, la dette publique grecque elle-même : Selon tous les responsables du désastre grec, si leurs politiques (d’austérité plus que draconienne) résultent efficaces à 100%, ce qui est d’ailleurs totalement illusoire, la dette publique grecque sera ramenée en 2020 à 120% de PIB national, c’est-à-dire au taux qui était le sien …en 2009 quand tout ce jeu de massacre a commencé ! En somme, ce qu’ils nous disent maintenant cyniquement c’est qu’ils ont détruit toute une société européenne… absolument pour rien !
[Mais, comme si tout ça ne suffisait pas], ils persistent à imposer aux Grecs –mais aussi pratiquement à tout le monde- exactement les mêmes politiques qu’eux-mêmes admettent qu’elles ont déjà fait faillite. C’est comme ça qu’on est désormais en Grèce au septième « Mémorandum » d’austérité et de destruction de services publics, après que les six premiers aient fait preuve d’une totale inefficacité ! Et c’est aussi comme çà qu’on assiste au Portugal, en Irlande, en Italie, en Espagne et un peu partout en Europe à l’application de ces mêmes plans d’austérité draconienne qui aboutissent partout au même résultat, c’est-à-dire enfoncer les économies et les populations dans une récession et un marasme toujours plus profonds.
En réalité, des expressions telles que « austérité draconienne » sont absolument insuffisantes pour décrire ce qui est en train de se passer en Grèce. Ce n’est pas seulement que les salariés et les retraités soient amputées de 50% ou même, dans certains cas de 70%, de leur pouvoir d’achat dans le secteur public et un peu moins dans le secteur privé.
C’est aussi que la malnutrition fait déjà des ravages parmi les enfants de l’école primaire ou que même la faim fasse son apparition surtout dans les grandes villes du pays dont le centre est désormais occupé par des dizaines des milliers des SDF misérables, affamés et en haillons. C’est que le chômage atteint désormais 20% de la population et 45% des jeunes. (49,5 pour les jeunes femmes).
Que les services publics soient liquidés ou privatisés avec comme conséquence que les lits d’hôpitaux soient réduits (par décision gouvernementale) de 40%, qu’il faut payer très cher même pour accoucher, qu’il n’y ait plus dans les hôpitaux publics même des pansements ou médicaments de base comme des aspirines.
Que l’État grec ne soit pas encore –en ce janvier 2012 !- en mesure de fournir aux élèves les livres de l’année scolaire commencée en septembre passé.
Que des dizaines des milliers de citoyens grecs handicapés, infirmes ou souffrants des maladies rares se voient condamnés à une mort certaine et à brève échéance après que l’État grec leur a coupé les subsides et les médicaments.
Que les tentatives de suicide (réussies et pas) s’accroissent à une vitesse hallucinante comme d’ailleurs les séropositives et les toxicomanes abandonnés désormais à leur sort par les autorités…
Que des millions de femmes grecques se voient maintenant chargées en famille des taches normalement assumées par l’État à travers ses services publics avant que ceux-ci soient démantelés ou privatisés par les politiques d’austérité. La conséquence en est un véritable calvaire pour ces femmes grecques : non seulement elles sont les premières a être licenciées et sont contraintes d’assumer les taches des services publics en travaillant de plus en plus gratuitement a la maison, mais elles sont aussi directement visées par la réapparition de l’oppression patriarcale qui sert comme alibi idéologique au retour forcé des femmes au foyer familiale.
On pourrait continuer presque à l’infini cette description de la déchéance de la population grecque. Mais, même en se limitant à ce qu’on vient de dire on constate qu’on se trouve devant une situation sociale qui correspond parfaitement à la définition de l’état de nécessite ou de danger reconnu depuis longtemps par le droit international. Et ce même droit international permet et même oblige expressément les États à donner la priorité à la satisfaction des besoins élémentaires de ses citoyens et non pas au remboursement de ses dettes.
Comme le souligne la Commission du droit international de l’ONU à propos de l’état de nécessité : « On ne peut attendre d’un État qu’il ferme ses écoles et ses universités et ses tribunaux, qu’il abandonne les services publics de telle sorte qu’il livre sa communauté au chaos et à l’anarchie simplement pour ainsi disposer de l’argent pour rembourser ses créanciers étrangers ou nationaux. Il y a des limites à ce qu’on peut raisonnablement attendre d’un État, de la même façon que pour un individu. »
Alors, notre position, qui est d’ailleurs la position des millions de grecs, est claire et nette et se résume au respect de l’esprit et la lettre du droit international. Les Grecs ne doivent pas payer une dette qui n’est pas la leur pour plusieurs raisons.
Primo, parce que l’ONU et les conventions internationales -signées par leur pays mais aussi par les pays de leurs créanciers- intiment à état grec de satisfaire en toute priorité non pas ses créanciers mais plutôt ses obligations envers ses nationaux et les étrangers qui se trouvent sous sa juridiction.
Secundo, parce que cette dette publique grecque ou au moins une part très importante d’elle semble réunir tout les attributs d’une dette odieuse et en tout cas illégitime, que le droit international intime de ne pas rembourser. C’est d’ailleurs pourquoi il faudrait tout faire non pas pour empêcher (comme l’état grec le fait maintenant) mais plutôt pour faciliter la tache de la Campagne grecque pour l’audit citoyen de cette dette afin d’identifier sa part illégitime qu’il faudrait annuler et ne pas payer.
[Notre conclusion est catégorique] : la tragédie grecque n’est ni fatale ni insoluble. La solution existe et la répudiation, l’annulation et le non paiement de la dette publique grecque en fait partie en tant que premier pas vers la bonne direction. C’est-à-dire, vers le salut de tout un peuple européen menacé par une catastrophe humanitaire sans précédent en temps de paix…
Sonia Mitralias
Paru sur Europe Solidaire Sans Frontières
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