samedi 2 mai 2009

[2 mai 2009]

En France, les chiffres de mobilisation du 1er mai sont incontestablement en recul par rapport à ceux des 29 janvier et 19 mars. Mais plusieurs lectures peuvent en être faites. Car c’est à la fois moins en nombre que le 19 mars mais plus que bien des défilés de premiers mai depuis longtemps. Et il n’ya pas de commune mesure entre un défilé en semaine, soutenu par des grèves, où des entreprises entières défilent et le début (chômé) d’un week-end prolongé. Il faut sans doute tenir compte d’un mix de plusieurs sentiments diffus parmi les travailleurs : un manque d’adhésion à un plan d’action qui n’en est pas un, tant il manque de tempo ; l’envie de profiter d’un belle journée de soleil et d’un long week-end avant que le stress du boulot (ou de sa cruelle absence) nous reprenne dès lundi ; une certaine usure aussi car les luttes qui ont éclaté partout dans le pays, n’ont pas trouvé, auprès des bonzes syndicaux, la chambre d’écho dont elles avaient besoin. Dans tous les cas la responsabilité des dirigeants de la gauche réformiste (syndicale ou politique) est lourde. Mais notre volonté de poursuivre et d’approfondir la riposte à la crise est tenace.
[Et demain ?] Les grands veulent nous faire payer la crise qu’ils ont provoquée. Cela ne nous laissera pas de répits : dès demain les plans sociaux vont continuer, chaque jour ce sont pratiquement 3 .000 camarades qui perdent leur boulot en France, 5.500 en Espagne,…
Chacun va devoir faire le choix : la lutte ou la résignation.
Il est possible de gagner en s’en donnant les moyens, mais il faudra pour cela plus qu’une journée de grève tous les deux mois. Nous y mettons, à chaque fois, toutes nos forces, nous sommes déterminés et nombreux, mais si elles restent sans lendemain, les journées d’action, aussi réussies soient-elles, finissent par épuiser et démoraliser.
[Refuser de payer la crise.] La seule voie possible pour redonner espoir à tous ceux qui ont été éjectés des entreprises c’est d’imposer l’interdiction des licenciements, de faire rembourser aux entreprises les subsides publics et les réductions de cotisations qu’elles ont empochées.
Les mobilisations doivent se concentrer sur cet axe principal. Pour les prochaines échéances (manifs européennes des 14, 15 et 16 mai) pourquoi ne pas mobiliser en tête des manifs toutes les victimes des licenciements consécutifs aux plans sociaux? Pourquoi pas des marches des entreprises visées par les licenciements et le chômage partiel qui convergent vers les capitales de tous les pays européens le même jour, en organisant l’accompagnement et la solidarité à chacune des étapes ?
fRED

vendredi 1 mai 2009

[1er Mai 2009]

Voici un an je vous invitais à oser dire brin au capitalisme.
Cette vulgarité ne m'a pas fait que des amis. Et j'en suis bien content. Car j'ai beaucoup appris de ces petits, certains doutes se sont dissipés, des illusions se sont envolées. J'ai retrouvé des couleurs, des joies, des camarades. Je respire mieux, moins sage, plus résolu.
Je n'ai pas grand chose à ajouter à ce que je vous écrivais le 1er mai 2008 :
"Cette société c’est de la merde. Et j’ai bien fait de la combattre sans relâche. Et j’ai bien envie de continuer encore plus fort. N’en déplaise à ceux qui vous expliquerons que tout ça c’est dépassé, qu’on ne peut rien y faire, que grâce à eux c’est moins pire,…" Ceux qui disaient que "grâce à eux c’est moins pire" sont toujours là à vous expliquer qu'ils sont les gardes-fous (au sein du gouvernement), que sans eux ce serait plus pire...
Et oui, sans eux, le FMI et l'OMC seraient totalement aux mains de la droite; il y aurait deux centres fermés en Wallonie (et pas un seul à Vottem). Sans eux il y aurait deux "Pactes des Générations" et deux "Chasses aux chômeurs". Sans eux on aurait déjà privatisés trois fois La Poste... Sans eux que ferait-on d'ailleurs?
Et voilà que déjà le 1er mai revient, apporter son vent de révolte, éclairer une époque troublée mais explosive et combattive.
Je respire un grand coup. Dans quelques heures je me lève, je vais manifester, distribuer un tract, coller des affiches, gueuler, pester, militer.
En mai...

jeudi 30 avril 2009

Les mobilisés


Ces derniers temps sur Facebook il pleut des groupes qui s’intitulent tous « Mobilisons nous autour de… ». C’est quoi ce machin, une secte ? Un jeu de kermesse ? Il suffit de mettre sa tête dans le trou et par magie on devient Mickey, Cendrillon, 1er Ministre, ou administrateur d’Electrablel ?
Je conseillerais bien aux sans-papiers de mettre leur tête, eux aussi, pour qu’on se mobilise pour eux. Ils pourraient devenir « quelqu’un ». Et les sans-abri ? Présidents de Toit et Moi ! Et les sans-emploi ? Attaquants à l’Albert !
On peut rêver, non ?
fRED

Les clips passés...









mardi 28 avril 2009

Les actionnaires

D’habitude si prompts à dénoncer la « violence grandissante » dans les conflits sociaux, les médias ont vite effacé les images de la fièvre mexicaine qui s’est emparée de l’assemblée des actionnaires de Fortis.
Ça fait mauvais genre tout ça. Ça fait désordre. D’accord c’est la crise mais c’est pas une raison pour en rajouter. Si on laisse faire la prochaine fois ils vont venir avec des tomates. Et la suivante ils vont brûler des pneus devant la salle.
Vous voyez d’ici l’effet que ça fait là-bas, chez les investisseurs américains, qui n’aiment pas qu’on leur vole la vedette quand il s’agit d’enfumer le monde…
C’est pas des méthodes d’actionnaires, réputés être des gens biens, trav
aillant dur pour nourrir leur famille et lui garantir une retraite paisible.
Vous vous rend
ez compte, si les capitalistes se mettent à imiter les ouvriers de Toyota ou de NGK, eux, là, les ploucs d’en bas ils pourraient en venir à imaginer qu’il est possible d’inverser les rôles. L’effroi quand vous arriverez à votre bureau et qu’ils se vautreront sur votre fauteuil en cuir…

fRED

samedi 25 avril 2009

[1er Mai : APPEL UNITAIRE]

Après les mobilisations des 29 janvier et 19 mars, c'est un 1er mai exceptionnel qui se prépare dans toute la France. Pour la première fois depuis longtemps, en effet, toutes les organisations syndicales y appellent ensemble et prévoient plus de manifestations qu'il n'y en a eu le 19 mars.
Cela fait maintenant plusieurs mois que la colère sociale grandit dans le pays, multipliant les actions les plus diverses. La défense de l'emploi et le refus des licenciements sont à l’origine de conflits de plus en plus nombreux. Des secteurs comme l'université et l'éducation, la santé ou la Poste sont mobilisés depuis des mois. D'autres comme EDF-GDF intensifient leurs actions. Le 1er Mai peut constituer une étape supplémentaire dans la convergence et la généralisation de mobilisations sociales dont le mouvement des Antilles, notamment, a montré l’efficacité.
Bien que les choix politiques du gouvernement soient de plus en plus largement mis en cause, celui-ci refuse d'entendre les exigences sociales qui se sont exprimées, entre autres, au travers de la plate forme intersyndicale du 5 janvier et dans les journées des 29 janvier et 19 mars. Le gouvernement loin d’apporter une quelconque réponse aux urgences sociales du pays, une quelconque réponse efficace à la crise, laisse faire les plans de licenciement, continue de mettre en œuvre des choix qui font payer aux populations l'addition de la crise et s'enfonce à tous les niveaux dans un autoritarisme et un mépris insupportables. Tous les clignotants de la situation sociale et économique du pays restent au rouge. Il faut mettre un coup d’arrêt à la politique de Nicolas Sarkozy et du Medef et contribuer à faire grandir l’exigence d’autres choix de justice et de solidarité.
Cela concerne notamment l’opposition aux suppressions d’emplois et à la précarisation, dans le privé comme dans le secteur public, l'augmentation des salaires, du SMIC, des minimas sociaux et des retraites; la défense et le développement des services et de l'emploi publics ; l’annulation des lois Bachelot et Pécresse, la réorientation des richesses vers le développement de productions et de services susceptibles d'engager notre pays dans un tout autre mode de développement fondé sur la satisfaction des besoins sociaux dans le respect des équilibres écologiques.
La réunion du G20 présentée par Nicolas Sarkozy comme un grand succès n’a fait que conforter les choix qui sont à l’origine même de la crise. Aucun des mécanismes d'accumulation financière à l’origine de celle-ci n'est mis en cause, l’essentiel pour N. Sarkozy comme pour les dirigeants des grandes puissances étant la sauvegarde même de ces mécanismes.
De plus en plus en difficulté, le gouvernement semble aujourd'hui tenté par une stratégie de la tension dans laquelle il agite à nouveau le thème de l'insécurité. Il renforce sa volonté de criminaliser l'action sociale et collective, tente d’instrumentaliser les « séquestrations de patrons » que soutient une majorité de la population et lance une nouvelle loi sécuritaire stigmatisant les jeunes. Les enquêtes d'opinion ont montré que l'exaspération sociale était largement partagée. Nous refusons toutes atteintes aux libertés qui visent à museler la contestation sociale et politique.
La question de l'emploi devient cruciale. Face à des groupes qui sacrifient leurs salariés au profit de la rémunération des actionnaires et des plus hauts dirigeants patronaux, il est temps de stopper au plus vite les licenciements et d’éliminer toute conséquence du chômage partiel pour les salarié-e-s. Nous agirons dans ce sens aux côtés de celles et ceux qui sont concerné-e-s.
Nos organisations, comme elles l'ont fait lors des précédents rendez-vous de mobilisation sociale, appellent à la réussite d'un 1er mai 2009 historique. Elles seront aux côtés des salarié-e-s, de tous les travailleurs, de toute la population pour amplifier la mobilisation populaire afin d’obtenir les changements de cap politiques nécessaires.

Signataires : Les Alternatifs, le NPA, le PCF, le PS, La Gauche Unitaire, Le PG, Le MRC, Le PCOF, La Fédération, ADS, Alter-Ekolos-Ecologie Solidaire, La CNCU.